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La motivation est étroitement liée à l’attention ; l’intérêt qu’éprouve une personne pour l’accomplissement d’une tâche maintient sa capacité d’attention. La satisfaction ressentie en réalisant la tâche exerce un effet de barrage sur les distracteurs. Le plaisir à réaliser la tâche équivaut à une satisfaction immédiate.

Une tâche attrayante sera perçue stimulante et motivante, ce qui favorisera une mémoire sélective et soutenue plus performante. Lorsqu’il y a peu ou pas d’intérêt pour la tâche, le démarrage sera difficile avec un risque de procrastination si la personne n’arrive pas à s’activer. Lorsque l’attrait baisse en cours de tâche, il risque de se produire une baisse de vigilance rendant la personne sous-stimulée, ennuyée, fatiguée. Une trop grande motivation peut engendrer une hyper focalisation, ce qui signifie que la personne est tellement absorbée par sa tâche qu’elle en perd la notion du temps. Le risque est de passer trop de temps sur cette tâche et de délaisser d’autres choses importantes. Cela se produit particulièrement avec des activités addictives, comme les jeux vidéo, les réseaux sociaux… La motivation peut dépendre aussi de facteurs externes, comme les conséquences, le renforcement positif, la récompense ou l’approbation d’autrui. Le manque d’intérêt pour la tâche, l’anticipation de l’ampleur du travail à fournir, l’énergie cognitive, la peur d’échouer ou d’être jugé et la mauvaise estimation du temps sont autant de facteurs qui conduisent la personne à l’évitement. De l’évitement découle la culpabilité, la frustration, le sentiment d’être incapable, une baisse de l’estime de soi qui auront un impact négatif sur la motivation, accroissant l’aversion pour se mettre ou se remettre à la tâche. Un autre aspect difficile pour les personnes ayant un TDAH est de maintenir leur engagement sur des projets à long terme. Ces personnes vont, en effet, préférer l’immédiateté lorsqu’elles doivent choisir, entre une récompense petite mais immédiate, ou une récompense plus importante mais plus lointaine dans le temps. On parle de dépendance à la récompense immédiate et dès lors, si la personne ne voit pas d’intérêt ou d’utilité à faire une tâche, il lui devient difficile de mobiliser ses ressources pour se mettre au travail. Cette intolérance au délai va donc se traduire par un fort engouement pour la nouveauté mais lorsque l’enthousiasme de départ s’estompe, la motivation faiblit. La personne se lasse et il lui devient alors difficile d’aller jusqu’au bout. Pour retrouver de l’intérêt et donc de la motivation, elle va s’atteler à une nouvelle tâche plus enthousiasmante. Le danger est que la personne multiplie les activités, sans forcément les terminer, et se fatigue par un comportement de « zapping mental ».

 

 

PROFESSEUR NADER PERROUD

Psychiatre et psychothérapeute est médecin adjoint agrégé aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). il est responsable de l’unité Troubles de la régulation émotionnelle (TRE), qui offre un soin spécialisé aux personnes souffrant d’un TDAH ou de trouble de la personnalité borderline.

Privat Docent à l’Université de Genève, Professeur Nader Perroud dispense des cours et intervient régulièrement lors de conférences tant au niveau national qu’international. Nader Perroud a publié de nombreux articles et ouvrage.

Grâce à la précieuse contribution du Prof. Nader Perroud l'ASPEDAH a réalisé des capsules de formation digitales afin de mieux comprendre le Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité/Impulsivité chez les adultes.