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On a souvent l’habitude d’entendre que le TDAH est une question de « dopamine », cette molécule de la récompense et de la motivation. Mais une étude récente vient bousculer nos certitudes en mettant en lumière une autre actrice de l’ombre : la sérotonine.

Plus qu'une simple question de "bonheur"

Souvent appelée « hormone du bonheur », la sérotonine joue en réalité un rôle de chef d’orchestre pour notre cerveau. Elle aide à réguler l’impulsivité, le sommeil et nos interactions sociales. Or, les chercheurs ont constaté que chez de nombreuses personnes avec un TDAH, le niveau global de sérotonine est anormalement bas.

Une "usine" à cerveau qui tourne au ralenti

Pourquoi ce manque de sérotonine ?

L’étude explique que le problème commence dès la fabrication. Pour produire de la sérotonine, notre cerveau utilise un ingrédient provenant de notre alimentation : le tryptophane.

Dans le cas du TDAH, cette chaîne de fabrication semble rencontrer des obstacles :

  1. Le gaspillage : Au lieu d'être transformé en sérotonine, le tryptophane est parfois détourné vers une autre voie (appelée voie de la kynurénine) qui peut même créer des substances un peu toxiques pour les neurones.

  2. La panne d'outils : Pour fabriquer la sérotonine, le cerveau a besoin d'outils appelés "cofacteurs" (comme la BH4). Si ces outils manquent, la production s'arrête, même si l'on mange correctement.

Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ?

Si les traitements actuels du TDAH (comme la Ritaline) fonctionnent bien pour beaucoup, ils ne sont pas une solution miracle pour tous. Comprendre que la sérotonine est aussi impliquée ouvre de nouvelles portes :

  • Mieux diagnostiquer : En mesurant certains composants dans le sang, on pourrait mieux identifier le type de TDAH d'un patient.

  • Mieux soigner : On pourrait imaginer des traitements qui aident le cerveau à mieux fabriquer sa propre sérotonine, par exemple via des compléments très spécifiques ou de nouveaux médicaments.

En résumé : Le TDAH est un mécanisme complexe. En s'intéressant à la sérotonine, la science nous offre l'espoir de prises en charge plus douces, plus précises et adaptées à chaque cerveau.


Analyse scientifique : Dysfonctionnement de la sérotonine dans le TDAH (Jackson et al., 2025)
  • Points forts de l'étude :

      • Vision globale :
        L’étude ne se limite pas à la dopamine (souvent mise en avant pour le TDAH). Elle regarde aussi la sérotonine, la génétique, la biochimie et les médicaments. En gros, elle fait le lien entre plusieurs disciplines pour mieux comprendre le TDAH.

      • Mécanismes précis :
        Au lieu de dire simplement “il manque de la sérotonine”, les chercheurs expliquent comment et  cela bloque dans le corps, notamment à cause d’un cofacteur (BH4) et d’une enzyme importante (TPH2). Cela permet d’identifier des cibles concrètes pour de futures recherches.

      • Lien avec l’inflammation :
        L’étude montre qu’une partie du tryptophane (la matière première pour fabriquer la sérotonine) peut être détournée vers une voie dite “de la kynurénine”. Cela crée des substances qui peuvent irriter ou perturber le cerveau. Cette explication relie donc le TDAH à des phénomènes d’inflammation.

      • Sources riches :
        Avec plus de 170 études analysées, le travail donne une vue d’ensemble assez complète de ce qu’on sait aujourd’hui sur la sérotonine dans le TDAH.

    Limites de l'étude :

    • Pas une étude de terrain :
      Ce n’est pas une expérimentation directe sur des patients, mais une revue qui compile des études déjà publiées. Elle ne peut donc pas prouver de lien de cause à effet.

       

    • Données inégales :
      Les études analysées n’utilisent pas toutes les mêmes méthodes ni le même nombre de participants, ce qui rend certaines conclusions moins solides.

    • Analyses pas forcément “dans le cerveau” :
      Beaucoup de résultats viennent de tests sanguins, mais on ne sait pas si ces taux reflètent bien ce qui se passe dans le cerveau, car la sérotonine du sang et celle du cerveau ne communiquent pas vraiment entre elles.

    • Pas encore d’application concrète :
      L’étude ouvre des pistes intéressantes (comme supplémenter en tryptophane ou 5-HTP), mais elle précise que les recherches sont encore trop limitées ou contradictoires pour être appliquées dans la vie réelle.

Références : Jackson, E. F., Riley, T. B., & Overton, P. G. (2025). Serotonin dysfunction in ADHD. Journal of Neurodevelopmental Disorders, 17(1), 20. https://doi.org/10.1186/s11689-025-09610-y

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