Je m'appelle Patricia et suis maman d'un enfant qui se nomme Alan. Je vais vous raconter ci-après notre vécu familial mouvementé depuis sa naissance.

Alan est né le 9 septembre 1996. C'était un nourrisson adorable de 47 cm pour 2, 600 kg, né trois semaines avant terme. Il était très tonique, et, à quatre jours, il tenait déjà sa tête. Très impatient, il hurlait pour son biberon, il ne fallait surtout pas le faire attendre !

A 5 mois, il tenait déjà assis, avec un appui dans un chariot à commissions, et se déplaçait dans le yuppala (histoire d'être occupé à autre chose qu'à pleurer).

A 9 mois il marchait ! sans avoir rampé auparavant. Si ses progrès étaient étonnants, les nuits étaient toujours tout sauf calmes ! Le jour, Alan ne faisait que 40 minutes de sieste après le repas de midi. Le reste du temps, il se tortillait et pleurait. Suspectant une allergie au lait de vache, mon mari et moi décidâmes d'arrêter le lait et de passer à un produit de synthèse.

V ers une année, la pédiatre de notre fils m'envoya faire un ultrason afin de vérifier un éventuel reflux gastrique ou urinaire, mais rien d'anormal ne fut détecté. Elle me prescrivit alors des suppositoires à base de valériane pour l'aider à s'endormir, mais ceux-ci n'eurent aucun effet.

Notre entourage familial et les amis à qui je relatais nos préoccupations à propos d'Alan nous disaient : " ça va passer, il va grandir ! ".

Je consultais alors un ostéopathe, et ce rendez-vous déboucha sur deux nuits où notre bébé ne ferma pas l'oeil !

I l a 17 mois lorsque nous faisons des tests sanguins, pour dépister une éventuelle allergie ou autre problème médical ; le bilan est rassurant : tout est parfaitement en ordre !.

Alan fait des crises très violentes, dès qu'on lui refuse quelque chose, il casse ses jouets en les jetant contre la porte de sa chambre. Je ne sais plus quelle attitude adopter.

A 18 mois, il ne supporte plus ses langes, et nous fait comprendre qu'il veut aller aux toilettes comme les grands, pas de pot ni d'adaptateur, mais un vrai siège avec lunette ! Il devient propre en 2 semaines ! 

Le sommeil n'est toujours pas au rendez-vous, si bien que je deviens irritable aussi. Je suis éreintée et la pédiatre prescrit à Alan un sirop sédatif pour l'aider à trouver le sommeil, mais cet essai nous amène deux nuits blanches !

A 2 ans, on doit hospitaliser Alan pour une pneumonie; il est très malade et sa fièvre se maintient à plus de 40 pendant trois jours. Il est étrangement tranquille, probablement assommé par la fièvre. Cinq jours plus tard, il est rétabli et peut quitter l'hôpital; il est à nouveau démonté. Les antibiotiques et le sirop pour la toux que je dois lui donner ont l'air d'accentuer encore plus son agitation.

C'est une amie, avec qui je discute beaucoup de mes problèmes avec Alan, qui me met sur la piste de l'hyperactivité*. Elle me remet un livre sur "la Drogue Cachée" d'Hertha Hafer, qui parle de l'hyperactivité* en relation avec l'alimentation, plus spécialement en raison des phosphates alimentaires et les additifs contenus dans le lait, les fromages fondus, la charcuterie et les viennoiseries. J'entreprends alors ladite diète anti-phosphates avec Alan et lui impose un régime très strict et très contraignant. Les changements sont notables mais les effets de chaque erreur ou entorse prend près de trois jours pour s'estomper.

A cette époque, Alan commence le jardin d'enfants. Il se bat, dérange les autres, casse les bricolages et épuise tout le monde !

A 3 ans, il ne parle toujours pas et je m'inquiète. Il s'exprime par sons et tente laborieusement quelques mots. Je prends contact avec une logopédiste pour effectuer un bilan. Une semaine avant le rendez-vous, il parle, et fait directement des phrases ! Ses jeux ne sont toujours que jeux de guerre et de destruction ; il ne s'intéresse qu'au bruit qu'il fait !

Les soucis nocturnes ne sont pas résolus, si bien que je fais passer la maison en revue par un géobiologiste (qui détecte les noeuds telluriques et influences énergétiques) et fais modifier l'emplacement de son lit : l'espoir est encore déçu.

S es petits copains du quartier commencent (la grande) école et il est très frustré de se retrouver seul. Lui devra encore attendre une année, il rentre alors dans une rébellion terrible qui durera 3 semaines ; il va faire plusieurs crises de colère par jour d'une grande intensité.

A bout de nerfs, ne sachant plus vers qui me tourner, je vais consulter une homéopathe. Les premières doses de granules se révèlent très efficaces, mais les résultats sont éphémères.

C inq ans : il commence enfin l'école. Les premiers mois se passent relativement calmement, puis, la nouveauté passée, les vieux schémas reprennent : il se bat à chaque récréation malgré les punitions et les remises à l'ordre. Même dans le quartier, plus personne ne veut jouer avec lui.

Si on l'interroge il répond juste qu'il s'ennuie ! Puis, comble de malchance,il se casse une clavicule en faisant des dérapages sur son petit tracteur, ce qui n'aide pas son intégration.

J e me lance dans les Fleurs de Bach, pensant alors trouver la solution. La déception est des plus totales. Alan devient anxieux et a de la peine à aller à l'école.

Débute alors la seconde année d'école enfantine et il change de maîtresse. Il n'y a aucune compréhension de la part de l'enseignante, qui le laisse totalement aller à la dérive.

Alan ne trouve plus le sommeil et s'endort fréquemment vers 23 h 30. Il est angoissé et appelle plusieurs fois, se relève pour être rassuré. Il finit même par avoir des tiques de raclement de gorge durant des heures et refuse de s'habiller le matin.

P uis, Alan se fait opérer d'une hernie, la prémédication le rend complètement démonté,

Il est à nouveau plus agité que jamais. Lorsqu'il sort jouer, il ne respecte jamais les limites qu'on lui impose, et part souvent à vélo faire le tour du village, je crains pour lui. Il grimpe partout, tombe, revient avec des bosses et des bleus.

Enfin je me décide à contacter le CHU (Centre Hospitalier Universitaire) pour une évaluation. Elle va durer près de 9 mois et le diagnostic tombe : il est hyperactif mais avec un quotient intellectuel de 132. Je comprends enfin pourquoi il passe des heures devant des documentaires.

Le Dr J nous parle alors de l'appui possible d'un médicament au méthylphénidate ainsi que l'aide d'un pédopsychiatre. Nous refusons le traitement médicamenteux, mais commençons directement un traitement pédopsychiatrique.

Il arrive alors à Alan un accident en faisant le fou sur une grille d'égout derrière son collège et celle-ci lâche. il est tombé à peu près de 1 m 80 et reçoit la grille sur la tête. On le conduit à l'hôpital où on doit lui faire 6 points de suture. Il est commotionné. Cet effrayant épisode me fait prendre conscience de l'urgence de la situation.

Tout va de mal en pis pour Alan : l'école, ses rapports avec les autres, cette solitude grandissante.

Mon mari et moi décidons de tenter le traitement médicamenteux. Une semaine après l'accident de la grille, nous débutons le traitement au méthylphénidate avec succès.

A lan devient pondéré, peut suivre l'école et se concentrer, comme les autres enfants, et, dès la première prise ne s'est plus Jamais battu ! Il ne part plus faire des bêtises, il est plus casanier. Il porte maintenant tout son intérêt vers des intérêts sains tels que les documentaires, l'univers etc.

Aujourd'hui, nous avons retrouvé une harmonie familiale, un bien-être qui nous a tous transformés.

Il nous reste toutefois à gérer l'effet rebond ou boomerang de la médication qui nous posent encore de sérieux problèmes.

* pour des raisons de confort de lecture, est utilisé le terme d'hyperactivité plutôt que le terme diagnostique TDAH (trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité).